La Plaza Baquedano, carrefour routier situé dans le centre de Santiago Appelée souvent cette place la Plaza Italia (son ancien nom) et parfois la Plaza de la Dignidad depuis la révolte de 2019 20 pour une nouvelle constitution.
Plaza Baquedano , point vert, un peu en dessous de la maison de Pablo Neruda en rouge.
Bellavista
Cette fresque murale éclatante et ultra-colorée de Bellavista nous plonge dans un pan joyeux, festif et gourmand du patrimoine chilien : la culture de sa boisson nationale, le Pisco, et plus particulièrement la célèbre marque Pisco Capel.
C'est l'illustration idéale pour apporter une touche de légèreté, de terroir et de pop cultures malgré les dossiers historiques plus sombres de Santiago.
Voici les clés pour décrypter cette œuvre et raconter les secrets du vignoble chilien à vos lecteurs :
1. La mise en scène centrale : Le Toast
Au premier plan, un homme barbu et une femme aux cheveux relevés trinquent joyeusement. La femme tient une bouteille jaune très reconnaissable où l'on lit distinctement « Pisco Capel ». Le liquide doré s'en échappe dans un mouvement fluide pour remplir leurs verres, symbolisant le partage, la convivialité et la fête (la piscola, le cocktail national à base de pisco et de cola, est incontournable dans toutes les soirées chiliennes).
2. Le voyage géographique : La Vallée d'Elqui
L'arrière-plan de la fresque est une magnifique carte poétique et stylisée de la région de production de cet alcool : la mythique Vallée d'Elqui (située au nord de Santiago, aux portes du désert d'Atacama). L'artiste a parsemé le paysage de détails ultra-précis du terroir chilien :
- Les montagnes et les cactus : La vallée est caractérisée par son climat semi-aride, où des collines sèches et des cactus géants côtoient les rivières d'altitude.
- Les alambics et les tonneaux : On aperçoit au centre des alambics en cuivre traditionnels servant à la distillation du raisin, ainsi que de grands tonneaux en bois sur la droite pour le vieillissement de l'alcool.
- L'inscription « Pisco » : Gravée sur les collines du haut, elle rappelle que le Chili et le Pérou voisin se disputent l'appellation d'origine historique de ce produit depuis plus d'un siècle.
- Le ciel étoilé (En haut à gauche) : La lune et les étoiles scintillantes dans la nuit noire font référence aux ciels les plus purs du monde qui couvrent la Vallée d'Elqui, mondialement connue pour ses observatoires astronomiques.
3. La diversité chilienne en portraits
Tout autour du couple central, l'artiste a dessiné une multitude de visages aux couleurs pop (bleu, violet, beige). Cette mosaïque de profils représente la diversité du peuple chilien moderne : des ouvriers agricoles qui récoltent le raisin aux citadins qui le consomment, unis autour d'un même symbole culturel.
Cette magnifique peinture murale capture la poésie surréaliste et métaphorique du street art de Santiago du Chili. Réalisée sur un fond jaune éclatant, cette œuvre offre une superbe transition artistique pour vos lecteurs après les graffitis plus politiques du quartier.
Voici le décryptage symbolique et l'analyse poétique à proposer sur votre blog de voyages :
1. Une métaphore de la captivité et de la liberté contrariée
L'œuvre joue de manière ironique et touchante avec l'univers des oiseaux pour délivrer un message profond :
-
- La cloche de verre : Tous les éléments sont enfermés sous une cloche transparente (semblable à un dôme d'exposition ou à une cage en verre). Elle symbolise l'isolement, le confinement ou la protection étouffante.
- L'oiseau bleu (Au bas) : Un oiseau bleu aux formes rebondies se trouve coincé tout en bas. Son bec est grand ouvert vers le haut, non pas pour chanter, mais dans une posture qui évoque un appel à l'aide, la soif ou la suffocation.
- Le nichoir inversé : De manière surréaliste, la cabane à oiseaux en bois ne sert pas d'abri extérieur. Elle est plantée sur un piquet directement enfoncé dans la tête de l'oiseau, et se retrouve elle aussi enfermée sous le verre. C'est l'illustration de l'absurdité : la maison qui devrait symboliser le nid et la liberté est devenue un poids et une prison.
2. Le détail du texte : Une connexion transandine
Observer les petites inscriptions à droite et à la base de la cloche :
- La petite étiquette blanche au pied du dôme porte l'inscription « UIO », qui est le code de l'aéroport international de Quito, la capitale de l'Équateur.
- En haut à droite, on devine également les mots écrits à la peinture : « Quito — Santiago », accompagnés de la signature de l'artiste. Cela indique qu'il s'agit d'une œuvre collaborative ou d'un échange culturel entre des graffeurs équatoriens et chiliens, rappelant que le street art sud-américain est un réseau ultra-connecté qui voyage d'une capitale à l'autre le long de la cordillère des Andes.
3. L'intégration
Cette photo apporte une magnifique touche de douceur et de réflexion. Elle démontre que les murs de Santiago ne cachent pas seulement des slogans de révolte, mais sont aussi un immense livre de contes à ciel ouvert où les artistes expriment la vulnérabilité, le rêve et la poésie urbaine.
Le patio Bellavista dans un quartier bobo, très coloré, avec de nombreux petits restaurants, quartier très vivants.
Nous laissons notre groupe au restaurant pournous diriger vers et visiter la Maison de Pabo Neruda.
D'Espagne au Chili : quand Guernica raconte la rue chilienne
En arpentant les ruelles de Santiago, j'ai été figé par une œuvre murale à la craie noire et blanche d'une puissance rare. Signée par l'artiste Kastro, elle reprend la structure exacte du célèbre Guernica de Pablo Picasso pour raconter, heure par heure, le traumatisme de la révolte sociale d'octobre 2019 (l' Estallido Social).
En 1937, Picasso utilisait le cubisme et le déchirement des corps pour hurler sa douleur face au bombardement de la ville basque par les fascistes. En 2019, les artistes chiliens s'emparent de cette même géométrie de la souffrance pour transformer les murs de la capitale en un véritable journal d'histoire contemporaine.
Une œuvre fléchée pour décoder la révolte
Ce qui rend cette fresque fascinante pour le voyageur, c'est qu'elle est entièrement annotée, comme un guide pédagogique destiné à ne pas oublier :
- Les puissants caricaturés : À l'extrême gauche, le taureau impassible de Picasso prend les traits de l'ancien président Sebastián Piñera, dessiné sous la forme d'un piranha tournant le dos au peuple (« Piñera en forma de piraña da la espalda al pueblo »).
- Les martyrs de la rue : Le soldat démembré au sol devient l'hommage à Daniela Carrasco, dite « La Mimo », une artiste de rue engagée retrouvée morte au début des manifestations.
- Le symbole du deuil national : Au pied de la composition, le drapeau chilien traditionnel perd ses couleurs éclatantes pour devenir entièrement noir (« Bandera chilena negra »), symbole de deuil et de ralliement des manifestants.
La tragédie des regards brisés
Le cœur du tableau de Picasso est occupé par un cheval hurlant sous une lampe. Sur le mur chilien, ce cri central devient celui des victimes des violences policières. L'artiste a dessiné des visages aux yeux bandés ou saignants (« Ojos heridos »). C'est le rappel tragique de cette crise où des centaines de manifestants ont perdu la vue à cause des tirs de balles en caoutchouc de la police, faisant de l'œil crevé le symbole mondial de la répression à Santiago.
Pourtant, au milieu de ce chaos de briques et de craie, l'espoir subsiste. La femme au flambeau de Picasso est ici remplacée par un citoyen brandissant une casserole pour un cacerolazo, ce concert de casseroles typique des luttes sud-américaines. Un texte résume l'étincelle de ce séisme politique : « 30 pesos / 30 años ». Une manière de rappeler aux voyageurs que la colère n'était pas née d'une simple hausse du ticket de métro (30 pesos), mais de trente ans d'inégalités accumulées. Une claque visuelle et historique inoubliable.
La femme au flambeau de Picasso : Elle est remplacée par un manifestant frappant sur une casserole, avec l'inscription « Cacerolazos y graffiti muy presente en las calles » (Les concerts de casseroles et les graffitis très présents dans les rues).
Les blessures oculaires (Ojos heridos) : Le personnage hurlant au centre porte un bandage sur l'œil. Durant la révolte, des centaines de manifestants ont perdu un œil à cause des tirs de balles en caoutchouc de la police, devenant le symbole mondial de la répression chilienne.
Le cri de ralliement : Au centre-gauche (ici) , on lit le texte « 30 pesos / 30 años ». C’est le slogan le plus célèbre de la révolte : « Ce ne sont pas 30 pesos (l'augmentation du prix du ticket de métro), ce sont 30 ans (de privatisations et d'inégalités depuis la fin de la dictature) ».
Le drapeau noir : Tout en bas à droite, la flèche note « Bandera Chilena Negra se masificó como símbolo del movimiento ». Le drapeau chilien traditionnel a été entièrement repeint en noir par les manifestants pour symboliser le deuil de la nation et la colère.
Cette magnifique bâtisse à la couleur ocre-rouge est le célèbre Castillo Lehuedé (également connu sous le nom de Casa Roja ou Castillo Rojo), un joyau architectural emblématique du quartier bohème de Bellavista à Santiago. Il fait face à la charmante petite Plaza Camilo Mori.
1. Une folie romantique des années 1920
Conçu et construit entre 1920 et 1924 par le célèbre architecte germano-chilien Federico Bieregel, ce palais a été commandé par un riche commerçant d'origine française, Pedro Lehuedé. Bieregel a laissé libre cours à son imagination en créant une œuvre de style historique et éclectique : un mélange unique de manoir médiéval européen, de château fort miniature et de touches de la Renaissance allemande.
2. Le décryptage de la façade
La photo met parfaitement en lumière la division des niveaux et le travail minutieux des matériaux :
- La base en pierre brute : Le rez-de-chaussée est construit sous forme de zócalo (soubassement) entièrement recouvert de grosses pierres rustiques apparentes, ce qui donne au bâtiment l'allure d'une forteresse médiévale solide. [1]
- Le corps rouge et les colombages : Les étages intermédiaires déploient une belle couleur ocre-rouge. Au centre, une magnifique avancée en bois sculpté intègre de superbes pans de bois (colombages) entourant une loggia de fenêtres typique de l'architecture d'Europe centrale.
- L'immense toit en mansarde : Le bâtiment est coiffé d'un très grand toit d'ardoise grise asymétrique percé de petites lucarnes et surmonté, à droite, d'une magnifique terrasse suspendue entièrement végétalisée où des plantes grimpantes retombent en cascade sur la pierre.
3. D'une résidence familiale à un hôtel boutique de charme
Après avoir accueilli la famille Lehuedé, la maison a connu plusieurs vies (servant notamment d'ateliers pour des artistes du quartier) avant de subir d'importants dégâts lors du séisme de 2010. Heureusement, elle a été magnifiquement restaurée et abrite désormais l'Hotel Boutique Castillo Rojo, un hôtel de caractère très prisé des voyageurs pour son atmosphère rétro des années 20, son mobilier d'époque préservé et son petit café caché dans la cour. [
Pablo Neruda
« Tes yeux sont ma patrie, mon ancre et mon rivage,
ils retiennent le jour quand le monde s'endort. »
— Pablo Neruda
1. Pourquoi ce nom de « La Chascona » ?
En quechua, le mot Chascona signifie « la fille aux cheveux ébouriffés ». Le poète a baptisé cette maison secrète, construite en 1953, en hommage à sa maîtresse de l'époque (qui deviendra sa troisième épouse), Matilde Urrutia, qui possédait une magnifique et indomptable chevelure rousse. C'était leur nid d'amour caché à l'abri des regards indiscrets.
2. L'architecture folle d'un poète amoureux de la mer
Neruda n'aimait pas les plans d'architectes classiques. Il a activement modifié les plans d'origine pour que la maison ressemble à ses passions :
- Un navire sur la terre ferme : La maison, adossée au flanc du Cerro San Cristóbal, est construite sur plusieurs niveaux comme un bateau. Les pièces de couleur bleue, jaune et rouge rappellent les cabines de capitaines, dotées de fenêtres basses et de plafonds en bois bas, décorées de ses célèbres collections de bouteilles colorées et de coquillages venus du monde entier.
3. Les détails floraux : Le jardin secret de Mathilde
Les petites guirlandes de fleurs peintes sur le bois de la photo ne sont pas là par hasard. Le terrain trouvé par le couple était à l'origine une pente sauvage recouverte de ronces. Mathilde, passionnée de botanique, y a créé un véritable éden de cascades, de palmiers et de fleurs suspendues. Ces peintures murales sur la façade célèbrent ce jardin secret qui protégeait leur intimité.
« Je veux que ma maison soit comme un navire
qui tangue sur la terre,
ouverte aux quatre vents du ciel... »
— Pablo Neruda
Jouxtant la colline verdoyante du Cerro San Cristobal, la Chascona, maison en forme de bateau, qui fut construite en 1953 pour sa maîtresse Mathilde Urratia qui devint sa femme lors d'un troisième mariage.
Sous cet angle, on comprend instantanément pourquoi le poète comparait sa demeure à un navire naviguant à flanc de colline.
1. La cabine du capitaine (Le pavillon bleu)
Tout en haut à droite, niché au milieu de la végétation du Cerro San Cristóbal, on aperçoit un pavillon en bois peint d'un superbe bleu ciel avec des balustrades blanches rectilignes. C'est l'un des espaces les plus intimes de la maison, conçu par Neruda pour ressembler trait pour trait à une cabine de capitaine de navire. Les fenêtres basses offrent une vue plongeante sur la ville, donnant l'illusion d'être à la passerelle d'un navire dominant l'océan de béton de Santiago.
2. Le phare de verdure et la structure en terrasses
La photo met parfaitement en évidence la complexité du terrain et le génie de sa construction :
- Le bâtiment blanc de gauche s'élève avec une avancée jaune entièrement colonisée par du lierre et des plantes grimpantes. Ce rideau de verdure fait écho au grand arbre central qui dissimule les jonctions entre les pièces.
- Comme Neruda a construit la maison sur une pente très raide, chaque pièce constitue un module indépendant relié aux autres par des petits escaliers extérieurs, des ponts en bois et des terrasses cachées dans le jardin. C'est un véritable labyrinthe poétique.
3. La petite fenêtre mystérieuse
Sur le grand mur bleu roi du premier plan, observez cette petite fenêtre blanche isolée. Elle est protégée par une armature métallique fine qui dessine une silhouette géométrique, presque comme une antenne ou un mât de navire stylisé. Ce genre de détail insolite est typique de l'univers de Neruda, qui aimait chiner des objets en fer forgé et des ornements maritimes pour les intégrer aux fenêtres et aux portes de ses maisons.
« Chascona, de la terre est ta maison,
la muraille creusée dans la roche,
tandis que le train de la montagne s'élève
et que la lumière s'allume dans les feuillages. »
— Pablo Neruda, La Chascona (La Centaine d'amour)
« La terre s'est couverte de feuillage,
nous avons construit notre demeure,
et la vigne vierge a grimpé sur tes pas. »
— Pablo Neruda, Les Vers du Capitaine
Les couleurs vives, bleu, jaune et blanc, car dans cette lumière le blanc entre ciel et mer devient couleur.
Cette photo élargie offre la perspective la plus complète et la plus spectaculaire sur l'architecture insolite de La Chascona, confirmant de manière éblouissante l'obsession maritime de Pablo Neruda. Sous cet angle, la structure n'est plus seulement une maison, c'est un véritable navire de pierre, de bois et de tôle qui semble ancré pour l'éternité au flanc du Cerro San Cristóbal.
Voici les nouveaux détails et secrets révélés par ce cliché,sur Neruda :
1. La proue du navire et la salle à manger vitrée
Au centre de l'image, juste en dessous du pavillon bleu, observez cette pièce intermédiaire de forme semi-circulaire dotée de grandes baies vitrées blanches. Elle est entièrement enveloppée de lierre grimpant :
- C'est la salle à manger principale de Neruda. Elle a été conçue pour imiter la proue d'un navire.
- À l'intérieur, la table fait face à la ville. Le poète aimait y recevoir ses amis (comme le peintre Diego Rivera) en leur servant du vin dans des verres colorés qu'il collectionnait, affirmant que le vin changeait de goût selon la couleur du verre !
2. Le phare et les coursives de pont
À gauche, le bâtiment blanc surmonté d'une avancée ocre recouverte de lierre ressemble à la tour de contrôle ou au phare du navire. Les terrasses successives qui relient les blocs bleus et blancs font office de coursives de pont. Pour passer de la chambre au salon ou à la bibliothèque, Neruda et Matilde devaient sortir à l'air libre et emprunter ces petits escaliers extérieurs que l'on devine au centre, au milieu des arbres. Le poète voulait ainsi forcer ses invités à être en contact permanent avec la nature et l'air de la colline.
3. La fresque cachée à droite
Tout à fait à droite de votre cliché, sur le mur bleu roi au premier plan, apparaît une magnifique fresque murale en noir, blanc et bleu. Elle représente des formes courbes et organiques qui évoquent le mouvement des vagues ou des silhouettes fantomatiques. L'art à La Chascona ne s'arrête pas à l'intérieur des pièces, il déborde sur les murs de clôture pour accueillir le visiteur dans un univers purement surréaliste.
Cette photo montre enfin dans toute sa splendeur la grande fresque murale de l'entrée de La Chascona, que l'on devinait à peine sur le bord de votre cliché précédent. C’est le visuel idéal pour décoder l'univers poétique et surréaliste de Pablo Neruda avant de franchir les portes du musée.
Voici les clés de lecture artistiques et symboliques de cette œuvre :
1. Une œuvre signée de grands maîtres
Cette fresque monumentale qui habille les murs extérieurs de la maison est une œuvre collective historique. Elle a été conçue par de célèbres artistes muralistes chiliens (dont des membres de la légendaire Brigada Ramona Parra). Ils ont voulu projeter sur le béton les obsessions littéraires et les métaphores maritimes qui hantaient la poésie de Neruda.
2. Le décryptage des symboles de la fresque
L'œuvre adopte des formes fluides et des teintes de bleu, de gris et de blanc qui rappellent l'univers marin. On y trouve trois éléments clés :
- Le grand œil (Au centre-gauche) : Cet œil grand ouvert posé sur des vagues stylisées symbolise le regard du poète sur le monde et sur sa ville. C'est aussi une référence à la mer, une entité vivante qui observe les hommes.
- Le navire sur la vague (Au centre-haut) : Juste au-dessus du muret, on distingue la silhouette noire d'un bateau naviguant sur les flots. C'est le symbole absolu de la vie de Neruda, qui se définissait lui-même comme un « marin à terre » et voyait sa maison comme un navire ancré à la colline.
- Les visages et les profils cachés : En observant le haut du mur bleu, les lignes abstraites dessinent des profils de visages imbriqués, évoquant les amours cachées, les fantômes du passé et la fusion des corps, un thème récurrent de ses poèmes romantiques dédiés à Matilde Urrutia.
« Il y a dans la nuit de tes yeux la clarté,
le navire qui dort au fond de la mémoire,
et l'ombre qui soulève une vague de feu. »
— Pablo Neruda
3. Les escaliers et les slogans politiques
À droite de la photo, les marches en pierre mènent à la billetterie et à l'entrée du musée. On y distingue des inscriptions gravées ou peintes sur les contremarches (comme le slogan « No + AFP », un mouvement social chilien très célèbre contre le système des retraites privatisées). Cela montre que même un lieu hautement culturel comme la maison de Neruda reste profondément connecté aux luttes politiques et sociales de la rue chilienne d'aujourd'hui.
Mais, entrons...
A l’intérieur de la maison, se trouvent des objets uniques, comme des œuvres d’art originales d’amis, de la vaisselle comme des verres de différentes couleurs, des statues de bois sculptés.
Cette pièce basse de plafond, chaleureuse et parée de verres multicolores, était le lieu où le poète célébrait l'amitié et la vie. Ce célèbre extrait de son poème « Oda au vin » (Ode au vin) y trouve une résonance magique :
« Le vin coule à travers les rues
va de bouche en bouche
il a des pieds de pourpre et des yeux de topaze. /[...]
Le vin réunit les hommes,
il nous invite à la table de la terre. »
L'apéritif est servi, nous n'attendons plus que Pablo.
Cette photo nous plonge dans l'intimité la plus festive et conviviale de La Chascona : le fameux bar secret de Pablo Neruda, conçu par le poète lui-même pour ressembler à une authentique taverne de marin ou à un bistrot parisien des années 1930.
C’est le visuel parfait pour montrer à quel point Neruda aimait l'art de recevoir et la mise en scène.
Voici les vers parfaits du poète pour trinquer virtuellement avec lui :
« Je t'attends là où le vin coule, / là où l'amitié se fait solide comme le bois de la table. / Viens, assois-toi, oublions le monde extérieur : / la nuit est à nous, et le verre est plein. »
1. Le comptoir en zinc d'un authentique bistrot parisien
La pièce maîtresse de la pièce est ce magnifique comptoir en étain (ou zinc) arrondi. Fidèle à sa réputation de chineur compulsif, Neruda a littéralement acheté et fait importer ce bar complet depuis Paris ! Grand amoureux de la France et de ses cafés, il voulait recréer à Santiago l'atmosphère de la bohème parisienne où il avait vécu en tant que diplomate et ami des surréalistes.
2. Le portrait secret de Matilde en Joconde
Regardez attentivement l'étagère du milieu, juste derrière le bar. Au centre des petites statuettes en bois, il y a une assiette ou un médaillon en céramique représentant le visage d'une femme rousse. Il s'agit d'un portrait de Matilde Urrutia. Neruda l'avait commandé à un artiste en lui demandant de la peindre avec le sourire mystérieux de la Mone Lisa de Léonard , célébrant une fois de plus son amour secret.
3. Les collections insolites d'un éternel enfant
Les étagères en arrière-plan regorgent de trésors folkloriques que Neruda rapportait de chacun de ses voyages à travers le monde :
- Les poupées russes et figurines en bois : Alignées sur les étagères supérieures, elles témoignent de ses voyages en Europe de l'Est et de son amour pour l'art populaire et naïf.
- Les verres de couleur (À gauche) : On retrouve sa célèbre collection de verres à pied (bleus, rouges, verts). Neruda refusait de servir le vin dans des verres transparents classiques, affirmant que la couleur du cristal magnifiait l'esprit de la boisson.
- La croix chilienne : Fixée au mur bleu ciel au-dessus du bar, elle apporte une touche d'art sacré colonial qui contraste avec l'ambiance profane de la taverne.
Le décor est planté, la bouteille de vin rouge est débouchée sur le comptoir en étain, les tabourets orange en rotin n'attendent que vos invités... Il ne manque effectivement plus que Pablo pour refaire le monde !
Cette vue en enfilade révèle parfaitement le génie labyrinthique de La Chascona. La table est dressée au premier plan avec ses fameux verres colorés, tandis que l'arche blanche ouvre une perspective directe vers le bar en zinc et sa bouteille de vin .
Voici de superbes vers de Pablo Neruda (extraits de ses poèmes sur ses maisons) pour accompagner cette magnifique perspective :
« J’ai bâti ma maison comme un jouet / et j'y vis du matin au soir, / entre la cuisine et la mer, / ouvrant des portes qui donnent sur le ciel / et des fenêtres où chantent les oiseaux. »
1. Le couloir des natures mortes (À gauche)
Le mur de gauche fonctionne comme une petite galerie d'art privée. Fidèle à son amour pour les objets du quotidien, Neruda a accumulé des peintures de natures mortes classiques représentant des fruits, des fleurs et des tables garnies, faisant écho aux plaisirs de la table qui se déroulaient juste à côté. Au milieu trône une magnifique statue en bois sculpté d'art africain ou indigène, soulignant son éclectisme.
2. La grande horloge comtoise sans aiguilles
À droite, fixée sur le pilier blanc, se dresse une imposante horloge de parquet ancienne à balancier.
- Neruda détestait la tyrannie du temps qui passe lorsqu'il recevait ses amis. La légende raconte qu'il s'amusait parfois à retirer les aiguilles de ses horloges ou à les bloquer pour que ses invités perdent toute notion de l'heure et restent attablés à refaire le monde jusqu'au bout de la nuit.
L'éclairage chaud des appliques rétro donne à l'ensemble une atmosphère de caverne d'Ali Baba, chaleureuse et hors du temps.
. La table des verres magiques
Le couvert est mis ! On y retrouve la vaisselle de fête du poète et sa collection de verres en cristal soufflé aux couleurs primaires éclatantes (bleu, jaune, rouge, vert). Neruda aimait ces couleurs car elles rappelaient la lumière à travers les vitraux des églises et apportaient de la gaieté aux repas pluvieux de Santiago.
Cette photo dévoile un autre espace absolument fascinant de La Chascona : la salle à manger intime de Pablo Neruda. Si la grande table que nous avons vue précédemment servait aux grands banquets, ce petit coin circulaire en bois était réservé aux repas quotidiens et aux tête-à-tête avec Matilde.
L'obsession maritime du poète éclate ici à chaque coin de pièce.
« Ma maison est faite de bois et de murmures, / elle a la forme d'un navire qui n'a pas peur du vent. / La table y est petite, mais le cœur y est grand, / et l'océan y entre par chaque fenêtre ronde. »
Cette pièce est la quintessence du style "capitaine de navire" de Neru
Voici les trois secrets et détails insolites cachés dans cette pièce .
1. Le hublot de navire original (À gauche)
L'élément le plus saisissant de la pièce est cette authentique fenêtre ronde en forme de hublot de cabine. Fidèle à son habitude de chineur de brocantes marines, Neruda a récupéré ce hublot sur un vieux navire désarmé pour l'encastrer directement dans le mur en bois. Associé au plafond très bas et aux boiseries omniprésentes, ce détail donne l'illusion parfaite d'être installés dans le carré des officiers d'un voilier ou d'un cargo en pleine mer.
2. Le choc des époques : Chaises Tulipe et nappe sixties
Le mobilier montre que Neruda, s'il aimait le passé maritime, vivait aussi avec son temps. La table est entourée de magnifiques chaises pivotantes « Tulipe » blanches (conçues par le célèbre designer Eero Saarinen dans les années 1950), associées à une nappe vert pomme au motif psychédélique typique des années 1960. Ce mélange entre le bois brut traditionnel et le design pop du XXe siècle résume tout le génie de la décoration de La Chascona.
3. Les assiettes suspendues et la porcelaine de collection
En arrière-plan, les immenses étagères en bois encastrées exposent les vaisselles du quotidien. Au plafond, on remarque un détail poétique : de petites assiettes et soucoupes en faïence suspendues à des fils transparents, qui semblent flotter dans l'air au-dessus de la table comme des mobiles ou des oiseaux de porcelaine blanche. C’est une astuce de mise en scène typique du poète, qui voulait insuffler de la magie et du mouvement dans les moindres recoins de sa maison.
L'illusion du poste de télé... rempli de couverts !
Neruda aimait profondément jouer avec ses invités et adorait l'illusionnisme dans sa décoration. À première vue, on jurerait voir un téléviseur des années 50/60 posé dans le coin de la pièce. Mais en s'approchant, surprise :
- Un détournement surréaliste : Le poète a évidé la structure ou utilisé un boîtier vintage pour en faire une boîte de rangement insolite.
- Le clin d'œil poétique : Au lieu d'images ou d'émissions de télévision (qu'il n'affectionnait pas particulièrement dans ses salles à manger), l'écran projette le reflet métallique... de sa plus belle argenterie ! Les fourchettes et les couteaux y sont alignés comme des spectateurs ou des acteurs sur scène.
C'est la définition parfaite de ce qu'il appelait ses maisons : des « jouets pour adultes », où les objets du quotidien perdaient leur fonction sérieuse pour devenir des éclats de rire.
Tes pieds je les touche dans l’ombre, tes mains dans la lumière,
et dans le vol me guident tes yeux d’aigle.
Mathilde, avec les baisers appris de ta bouche
mes lèvres ont appris à connaître le feu.
Une magnifique nature morte musicale signée Ester Briones M., datée de 1962. On y retrouve une composition très classique et poétique mettant en scène :
- Une mandoline napolitaine traditionnelle : Reconnaissable à sa caisse bombée en forme de poire et sa rosace richement décorée de motifs floraux.
- Les partitions : À l'arrière-plan, le document musical affiche fièrement le titre « Poesia Alpina » (Valse).
- Un grand livre ouvert : Qui évoque le texte, le recueillement ou la poésie venant s'associer aux notes de musique.
Mathilde
Je t'aime ...
Avec ce monde que je ne comprends pas ,
Avec ces gens qui ne saisissent rien,
Avec l'ambivalence de mon âme ,
Avec l'incohérence de mes actes ,
Avec la fatalité du destin ,
Avec la conspiration du désir ,
Avec l'ambiguïté des faits
la chambre à coucher de Pablo Neruda et de Matilde Urrutia .
Cette chambre résume parfaitement l'esprit des lieux et l'intimité du couple :
- Le lion en peluche : C'est le détail le plus célèbre de la pièce. Neruda aimait surnommer Matilde « la Medusa » à cause de sa chevelure rousse indomptable, mais aussi sa « lionne ». Ce grand lion posé sur le lit en couvre-lit brodé blanc est un clin d'œil direct à ce surnom affectueux.
- Le portrait de Matilde Urrutia : Sur le mur de droite, au-dessus de la commode en bois, on aperçoit le portrait de Matilde peint par leur ami artiste Diego Rivera (ou une reproduction/œuvre associée exposée dans la maison).
- La signalisation « Salida / Exit / Sortie » : Intégrée directement sur la porte de la chambre, elle témoigne de la reconversion de cette maison intime en un musée géré par la Fondation Neruda.
Vous faites face au lit sur lequel est posé ce lion en peluche protecteur, un espace profondément marqué par l'histoire du couple.
C'est ici même que se cache l'un des secrets les mieux gardés du lieu :
Le placard secret de Neruda
Dans l'alcôve de cette chambre ou juste à côté du lit, Neruda avait fait aménager une armoire secrète. À l'époque où sa relation avec Matilde devait rester totalement clandestine, ce placard lui permettait de cacher rapidement ses vêtements, ses manuscrits et ses effets personnels si des visiteurs ou sa femme légitime de l'époque arrivaient à l'improviste.
La bibliothèque et le bar en contrebas
Si vous vous déplacez vers la gauche de la chambre en sortant vers les petits escaliers extérieurs, vous pouvez rejoindre :
- La bibliothèque : Où sont conservés ses livres précieux, ainsi que sa collection de flacons et de verres colorés qui captent la lumière de Santiago.
- Le bar intérieur : Décoré avec du bois sombre pour ressembler à la cabine d'un navire, rappelant sa passion absolue pour la mer (bien qu'il se définisse lui-même comme un « marin à terre » car il avait le mal de mer).
Que préférez-vous faire maintenant ?
En observant les murs et les objets de ce côté de la pièce, on découvre :
- Le tableau du cavalier : Au-dessus du lit est suspendue une œuvre d'inspiration orientale ou persane représentant un cavalier en mouvement, témoignant du goût éclectique de Neruda pour l'art du monde entier.
- La boîte Fornasetti : Au premier plan à gauche, on aperçoit un cube décoré du célèbre visage de la chanteuse d'opéra Lina Cavalieri, dessiné par le designer italien Piero Fornasetti.
- L'œuvre surréaliste : Complètement à gauche, un grand tableau coloré et foisonnant de personnages apporte une touche surréaliste et moderne à la pièce.
- La table de chevet : À droite, la petite table de nuit en bois accueille des objets du quotidien en céramique, fidèles à l'esthétique artisanale que le poète affectionnait.
Je t'aime sans savoir comment, ni quand, ni d'où, je t'aime sans détour, sans orgueil, sans problèmes:je t'aime ainsi, je ne sais aimer autrement,
Je t'aime ainsi, sans que je sois, sans que tu sois, si près que ta main sur ma poitrine est à moi, et si près que tes yeux se ferment quand je dors."
le célèbre portrait de Matilde Urrutia par Diego Rivera, exposé à La Chascona. Peint en 1953 par le grand muraliste mexicain et ami du couple, ce tableau revêt une importance capitale et intime.
Sous ses airs de portrait classique, l'œuvre cache une double symbolique passionnante :
le cube en céramique et verre signé Piero Fornasetti, le célèbre designer et artiste italien.
Cet objet iconique illustre parfaitement l'amour du poète pour les pièces insolites et graphiques :
- Le visage de Lina Cavalieri : Fornasetti a décliné le visage de cette soprano italienne du XIXe siècle (qu'il considérait comme l'archétype de la beauté féminine) sur des milliers d'objets à travers sa série « Tema e Variazioni » (Thèmes et Variations).
- Le jeu de reflets et d'anamorphose : Le cube joue avec la perspective. En haut, le regard et le nez de la muse sont étirés et dédoublés de manière surréaliste, tandis que la face avant présente son portrait en pointillé, calme et hypnotique.
Ce type d'objet d'art appliqué s'intégrait parfaitement dans le quotidien de Pablo Neruda, qui aimait s'entourer de créations qui surprenaient le regard et stimulaient l'imaginaire.
Ce gros plan dévoile enfin le grand tableau surréaliste que l'on apercevait sur le mur de gauche de la chambre. Il s'agit d'un grand collage satirique et poétique qui célèbre et taquine directement Pablo Neruda.
Cette œuvre foisonnante regorge de clins d'œil à sa vie publique et intime :
- Neruda en figure centrale : Le poète apparaît au milieu de la composition, arborant fièrement l'écharpe tricolore aux couleurs du Chili (bleu, blanc, rouge) avec son étoile solitaire, symbolisant son rôle de sénateur, de diplomate et d'icône nationale.
- Les figures féminines : Tout autour de lui gravitent de nombreuses silhouettes de femmes, évoquant ses muses, ses amours et la forte présence féminine dans sa poésie.
- La satire politique et religieuse : On remarque des visages détournés, notamment un homme d'Église au premier plan à droite et un homme politique en haut à droite assis sur un bloc orné d'une étoile, typiques des collages surréalistes engagés de l'époque qui brocardaient le pouvoir établi.
- L'esprit de la fête et du surréalisme : Une femme s'échappe d'un immense verre de vin à gauche, tandis que des verres colorés et des assiettes s'empilent au centre, rappelant l'amour de Neruda pour les banquets, les amis et les plaisirs de la table.
Cette peinture sur rouleau, suspendue juste au-dessus du lit de Neruda, s'inspire du style classique chinois pour dépeindre une scène de chasse nomade traditionnelle, évoquant l'esthétique des dynasties Yuan ou Ming. Elle illustre un cavalier au visage serein guidant sa monture, un carquois rempli de flèches fixé dans le dos, tandis qu'il traîne un cerf capturé au bout d'une corde.
Pour faire écho à cette œuvre équestre et au goût de Pablo Neruda pour le voyage, l'immensité et les galops de l'histoire, voici quelques vers extraits de son poème Le Cavalier dans la pluie (tiré de son chef-d'œuvre Chant Général, 1950) :
« Habillé de pluie, le cavalier chevauche,
il va vers le domaine désolé du vent,
le sabot de sa monture écrit sur la terre,
une écriture de boue et de temps qui passe.
Il avance parmi les branches mouillées de l'histoire,
sans regarder en arrière, vers le grand effacement,
car le voyage est long et la nuit souveraine,
et le cheval connaît le chemin de la plaine. »
Pourquoi cette œuvre est ici :
Neruda possédait une immense collection d'œuvres d'art asiatiques (notamment des peintures chinoises et des estampes japonaises). Sa fascination pour la figure du cavalier et du cheval sauvage symbolisait pour lui la liberté absolue, le mouvement et la traque poétique. En plaçant cette scène de chasse paisible mais déterminée juste au-dessus de son lit, le poète s'assurait un départ quotidien vers l'imaginaire dès le réveil.
Cette photo nous transporte dans le salon-bibliothèque de La Chascona, une pièce baignée de lumière qui rappelle l'un des passe-temps préférés de Pablo Neruda : recevoir ses amis.
On y découvre plusieurs éléments très caractéristiques de son univers :
- Les fenêtres en arche : Typiques de l'architecture organique de la maison, elles s'ouvrent directement sur les murs de pierre du jardin et les terrasses escarpées.
- Le téléviseur vintage : Trônant sur une commode en bois marqueté, cette télévision d'époque rappelle que Neruda, malgré son amour pour les livres et le passé, aimait suivre les actualités du monde et les matchs de football (il était un grand amateur de sport).
- Le porte-parapluies ou cylindre décoré : À droite de la commode, on remarque un bel objet cylindrique orné de motifs d'instruments de musique (guitares), qui fait un superbe écho à la mandoline que nous avions vue au tout début de votre voyage.
Pour accompagner cette transition vers le salon, voici quelques vers de Neruda tirés de son poème Ode à la Luz (Ode à la Lumière) :
« Lumière de la fin du jour,
tu entres par les fenêtres ouvertes,
tu te poses sur le bois fatigué,
sur les livres alignés,
et tu transformes chaque objet
en un morceau de mémoire vivante. »
Le magnifique paravent pliant de Piero Fornasetti, dévoilant une autre facette de ses motifs en trompe-l'œil. En plus des lances médiévales et des grilles métalliques que l'on voit sur la gauche, le panneau d'extrême droite révèle une illustration de fauteuil de style classique sur lequel repose un vêtement ou une armure rouge et or.
Pour honorer la présence constante d'objets d'art italiens dans la vie du poète, voici quelques vers extraits de son célèbre poème Ode aux choses (Ode a las cosas, tiré des Odes élémentaires) :
« J'aime toutes les choses,
non pas seulement celles qui sont sages,
mais les folles, les rudes, les usées,
celles qui portent la trace des mains humaines,
le métal, le bois, le tissu,
tout ce qui a partagé notre voyage,
et qui reste là, immobile,
à nous regarder vivre. »
: le bureau de travail de Pablo Neruda à La Chascona. C'est ici, sur ce meuble en bois surmonté d'une plaque de verre et équipé d'un téléphone d'époque, que le poète a couché sur le papier ses combats, ses odes et ses correspondances avec le monde entier.
La pièce reflète magnifiquement l'ouverture spirituelle et culturelle de l'écrivain :
- Les statuettes de Bouddha : On en distingue plusieurs dans la pièce, notamment une grande silhouette dorée assise au sommet du semainier à droite, et deux plus petites sur le buffet de gauche. Elles rappellent le séjour de Neruda en Orient (notamment en tant que consul à Rangoun, Colombo et Batavia) qui a profondément marqué sa philosophie.
- Le semainier de marine : Ce meuble haut à tiroirs à droite évoque, par ses poignées encastrées et son style, le mobilier des cabines de navire dont il était si féru.
Pour accompagner l'image de ce sanctuaire de création, voici quelques vers extraits de son poème Le Mot (La Palabra) :
« Elle naît de la chair profonde,
sans voix, elle monte des puits de la terre,
elle s'installe sur la table, sur le papier,
et soudain, elle s'envole, elle est libre.
Le mot a des ailes de cristal,
il porte le sang de mon peuple,
et la vérité de mon silence. »
Superbe chiffonnier de style campagne ou meuble de marine à sept tiroirs, surmonté d'une statuette de Bouddha ou divinité orientale en bronze doré.
En y regardant de plus près, on découvre un détail fascinant : le dessus du meuble est protégé par une plaque de verre sous laquelle est glissé un tissu ou papier richement brodé de motifs floraux colorés, apportant une touche de raffinement supplémentaire à ce coin du bureau.
Pour accompagner cette image empreinte de sérénité et de voyages lointains, voici quelques vers extraits du poème Le Destin (El Destino) de Neruda :
« J'ai parcouru la terre, j'ai vu les visages de l'Orient,
la paix de l'or ancien, le silence des fleuves oubliés,
et j'ai rapporté dans mes mains un peu de cette lumière immobile.
Chaque objet est un port où s'est ancré mon cœur,
un souvenir de bois et de métal qui défie le temps. »
Ces mots illustrent la période où Pablo Neruda a vécu en Asie du Sud-Est à la fin des années 1920. Cette expérience de solitude et de dépaysement total a profondément transformé sa poésie, donnant naissance à son recueil majeur Résidence sur la terre. Cette statuette dorée veillant sur ses tiroirs à secrets rappelle que, même de retour au Chili, l'Asie n'a jamais tout à fait quitté l'esprit du poète.
Cette photo met en lumière la passion absolue de Pablo Neruda pour la mer. On y admire une magnifique peinture de marine classique représentant un navire aux voiles rousses bravant une mer démontée, suspendue juste au-dessus d'une enfilade en bois.
Sur le meuble, la mer et l'Orient se croisent à nouveau avec trois statuettes asiatiques entourant une longue coupe en bois brut en forme de pirogue.
Pour accompagner cette alliance parfaite de l'océan et de sa poésie, voici quelques vers célèbres de son poème Le Navire (El Navío, tiré de Mémorial de l'Île Noire) :
« La mer a mis sa robe de tempête,
et le navire monte et descend sur les vagues,
portant dans son ventre de bois les secrets du vent.
Je suis né de la mer, je lui dois mon chant,
et même à terre, mon cœur reste un navire
qui cherche l'horizon et la liberté de l'écume. »
Édouard Schmidt, 1806 Berlin-1862 Peintre de marine et de paysage
Fishing Boats off the Island Man (Bateaux de pêche au large de l'Île de Man). L'artiste y déploie tout son savoir-faire pour capter l'atmosphère spectaculaire de cette mer agitée et le mouvement de ces navires traditionnels luttant contre les éléments.
Le style de peinture est basé sur des modèles de peinture marine baroque hollandaise. Les crêtes écumantes des vagues et des nuages sont mises en lumière d’une manière théâtrale.
. Ce navire aux voiles de couleur ocre et rousse, typique des anciens bateaux de pêche ou de cabotage européens, affronte avec une fière détermination une mer balayée par l'écume.
Pour clore cette immersion dans la tempête et le goût de l'aventure de votre carnet, voici la suite logique de cette traversée avec des vers intenses issus du poème Ode à la Mer (Ode al Mar, tiré des Odes élémentaires) de Pablo Neruda :
« Ô mer, tu donnes ton écume en partage,
tu frappes les flancs de bois des vieux navires,
et tu nous rappelles que rien ne demeure immobile.
L'homme sur la vague apprend la patience,
il regarde le rivage s'éloigner sans crainte,
car il sait que la tempête forge les plus beaux chants. »
La chambre à coucher de la maison, en ouvrant la perspective sur la commode en cuir clouté et l'accès direct à la salle de bain attenante.
Sur ce meuble aux poignées de laiton encastrées, un autre gardien veille : un magnifique lion en céramique émaillée turquoise, faisant une fois de plus écho au surnom de Matilde Urrutia, la « lionne » de Neruda. En arrière-plan, la salle de bain surprend par sa modernité d'époque avec son bidet et ses sanitaires d'un bleu vif assorti.
Pour accompagner cette vue qui mêle l'intimité quotidienne et les touches de couleur azur, voici quelques vers extraits du poème La Maison (La Casa, tiré des Vers du Capitaine) de Pablo Neruda :
« J'ai construit la maison sur la colline,
avec des pierres, du bois et de la lumière,
et chaque pièce s'est ouverte sur ton rire.
L'eau y chante son secret dans l'ombre,
les meubles s'habillent de cuir et de souvenirs,
et partout où je pose les yeux, ma lionne,
je retrouve la couleur de ton sillage et de la mer. »
Gros plan sur le meuble en bois situé juste à côté, un élégant chiffonnier de marine à tiroirs surmonté d'un service à café ou à thé en terre cuite artisanale.
On retrouve sous la plaque de verre protectrice le même tissu brodé aux motifs floraux colorés que sur le semainier du bureau, créant un fil conducteur décoratif dans la maison. Le service en argile brune, orné de motifs géométriques peints, témoigne du profond attachement de Neruda pour l'art populaire chilien.
Pour accompagner cette scène matinale et chaleureuse, voici quelques vers extraits de son poème Ode à la Terre (Ode a la Tierra) de Pablo Neruda :
« J'aime l'argile qui a la couleur de la nuit et du pain,
la jarre façonnée par les mains calmes de mon peuple,
le parfum de la terre cuite sous la pluie.
C'est en elle que repose la mémoire de nos racines,
et chaque matin, lorsque le café y fume en silence,
c'est la patrie tout entière qui se lève à ma table. »
La Chascona n'est pas une maison classique, c'est un labyrinthe vertical. Comme elle est construite sur les pentes abruptes du cerro San Cristóbal, Neruda a volontairement séparé la cuisine, le salon, la bibliothèque et la chambre dans des pavillons distincts. Pour passer d'une pièce à l'autre, il fallait obligatoirement emprunter ces escaliers extérieurs, au milieu des plantes aromatiques, de la vigne et du lierre, transformant le quotidien en une promenade poétique permanente.
L'architecture extérieure unique de La Chascona, caractérisée par ses volées de marches escarpées et sa végétation luxuriante. Cet escalier en bois à la rampe blanche sinueuse grimpe à flanc de colline, encadré par des treilles de vigne et des murs recouverts de lierre.
Pour accompagner cette ascension dans les jardins suspendus du poète, voici quelques vers extraits de son poème Ode aux escaliers (Oda a las escaleras, tiré des Nouvelles odes élémentaires) de Pablo Neruda :
« Escalier de bois, de pierre,
tu montes pas à pas vers la lumière,
tu relies la terre aux branches du ciel.
Sous les feuilles vertes qui te protègent,
le voyageur s'arrête, il respire,
et chaque marche franchie
est un battement de cœur au milieu du vent. »
la porte d'entrée massive située au sommet de l'escalier, révélant le soin que Pablo Neruda apportait aux moindres détails artisanaux de sa demeure. Faite de lattes de bois sombre assemblées en chevrons géométriques, elle arbore un magnifique heurtoir en bronze en forme de main.
Pour accompagner l'ouverture de cette porte chargée de mystère et de poésie, voici quelques vers célèbres extraits du poème La Clef (La Llave) de Pablo Neruda :
« Perdue au fond de la poche,
parmi les fils du temps et de la poussière,
la clef attend le retour du voyageur.
Elle connaît le secret du bois de la porte,
le poids de la main qui vient frapper le bronze,
et le silence qui s'ouvre enfin
sur la paix retrouvée de la maison. »
heurtoir en bronze en forme de main. Patiné par le temps, l'oxydation et le contact des innombrables mains venues frapper à la porte du poète, cet objet semble presque vivant, accroché au centre des rainures du bois.
Pour sceller cette rencontre tactile avec l'entrée de sa maison, voici quelques vers extraits du poème L'Heurtoir (El Llamador) de Pablo Neruda :
« La main de métal attend sur le bois.
Elle a froid sous la pluie du Chili,
elle brille sous le soleil de l'après-midi.
Combien d'amis ont saisi ses doigts de bronze
pour réveiller le silence de ma demeure ?
Elle ne referme jamais son poing,
elle reste ouverte, comme mon cœur,
pour accueillir celui qui vient de loin. »
Le magnifique grand salon d'invités .
Cette pièce maîtresse exprime toute l’architecture organique de la maison : le canapé Chesterfield en cuir beige fait face à un imposant mur en pierres de taille apparentes, sur lequel sont accrochées plusieurs toiles. Au sol, le carrelage vert répond chaleureusement aux tons orangés des coussins et au plafond entièrement latté de bois sombre
Pour accompagner cette entrée dans le lieu des grandes tablées et des confidences, voici quelques vers extraits du poème La Lampe dans la maison (La lámpara en la casa, tiré de Chant Général) de Pablo Neruda :
« Ici la pierre est devenue paroi,
elle protège le feu et le repos de l'homme.
Le bois au plafond chante sa chanson de forêt,
tandis que sur les murs, les peintures des amis
ouvrent des fenêtres vers d'autres mondes.
Assieds-toi sur le cuir usé par le temps,
ici, la nuit n'est qu'un rideau de tissu,
et la maison t'accueille comme un vieux compagnon. »
l'imposante cheminée d'angle maçonnée, dont la hotte blanche et arrondie s'intègre parfaitement aux courbes organiques de la pièce.
Pour accompagner la chaleur de ce foyer autour duquel s'installaient Neruda et ses proches, voici quelques vers extraits du poème Le Feu cruel (El fuego cruel, issu de son œuvre Chant Général) :
« La pierre garde la mémoire du jour,
tandis que le bois s'embrase dans l'âtre,
jetant des étincelles d'or et de soufre.
Autour du foyer, les voix s'assemblent,
les ombres dansent sur le mur rugueux,
et la maison devient un navire immobile,
ancré au cœur de la nuit protectrice. »
Paysage de la vallée centrale du Chili, peint avec une précision presque topographique, montrant une longue allée centrale qui s'enfonce vers une imposante cordillère aride sous un grand ciel azur.
Pour accompagner cette œuvre qui célèbre la grandeur géographique de sa patrie, voici quelques vers extraits du poème Ode à la géographie du Chili (Oda a la geografía de Chile) de Pablo Neruda :
« Ma patrie a une forme de fleuve et de blessure,
elle s'étire entre la roche des Andes et l'écume marine.
Regarde ces plaines vertes où dorment les vignobles,
et ces montagnes de pierre grise, nues sous le soleil,
qui veillent sur la terre comme des géants endormis.
Tout mon chant est né de cette perspective immense,
où la route ne s'arrête que là où commence l'infini. »
Cette photo nous offre une vue d'ensemble spectaculaire du salon d'invités, où l'on retrouve sur le mur blanc de droite le fameux portrait original de Matilde Urrutia par Diego Rivera, dont nous avions observé le plan rapproché au tout début de notre visite dans sa version de la chambre.
L'aménagement de ce coin de pièce est un chef-d'œuvre de composition :
- La vitrine à presse-papiers : Juste en dessous du tableau de Matilde, une niche en bois accueille la collection de presse-papiers en cristal et sulfures colorés de Neruda, qui captent la lumière de la pièce.
- La céramique de Picasso : Entre le portrait et la cheminée, suspendue au mur, on distingue une petite plaque en céramique jaune représentant un visage stylisé, caractéristique du travail de son grand ami Pablo Picasso.
- La cheminée centrale : Avec sa forme de phare ou de proue blanche, elle sépare magnifiquement le mur de pierre brute volcanique et le mur de plâtre blanc.
Pour accompagner cette réunion de chefs-d'œuvre et d'amitiés artistiques, voici quelques vers extraits du poème Ode aux amis (Oda a los amigos) de Pablo Neruda :
« Dans ma maison de pierre et de vent,
j'ai réuni les morceaux du monde et le génie des hommes.
La main de Diego a peint les boucles de ma lionne,
le feu de Picasso a figé l'argile en un sourire,
et le cristal des artisans retient la clarté du jour.
Ici, je ne suis jamais seul,
car la beauté créée par mes frères
veille sur mon repos et réchauffe mon âme«
le bar de La Chascona, un espace entièrement conçu pour ressembler à la cabine d'un navire.
Chaque détail de ce coin de pièce illustre le génie ludique de Pablo Neruda lorsqu'il recevait ses proches :
- Le comptoir en bois brut et son pilier : Taillés directement dans des troncs d'arbres massifs, ils rappellent les structures des navires en bois.
- La verrerie verte : Posés sur une petite tablette, une carafe et des verres en cristal gravé d'un vert éblouissant témoignent de l'une de ses plus grandes excentricités. Neruda affirmait que le vin avait meilleur goût lorsqu'il était bu dans des verres verts.
- Le cheval de carrousel ou d'art populaire : À droite, une magnifique sculpture de cheval en bois peint et décoré apporte cette touche de fantaisie foraine qu'il aimait tant intégrer chez lui.
- Les bouteilles de couleur au bord de la fenêtre : À l'arrière-plan, une immense bouteille bleu cobalt et d'autres flacons captent la lumière du jour, rappelant sa collection de verres colorés.
Pour accompagner cette ambiance festive et maritime, voici quelques vers célèbres de son poème Ode au Vin (Oda al vino, tiré des Odes élémentaires) de Pablo Neruda :
« Vin couleur de jour, vin couleur de nuit,
tu arrives sur la table dans des verres de cristal,
habillé de lumière ou d'ombre verte.
Ici, dans ma cabine de bois amarrée à la terre,
tu chantes avec la voix de mes amis,
tu effaces les vagues de la tristesse,
et tu transformes notre repas en un voyage sur l'océan. »
une autre facette de la collection de Pablo Neruda, installée dans un coin du salon devant d'épais rideaux aux motifs graphiques des années 1960. Sur une magnifique console en marbre rouge et rose, le poète a mis en scène un dialogue entre deux univers qui le fascinaient : l'art polynésien et le folklore d'Asie.
On y distingue plusieurs pièces tout à fait remarquables :
- Les sculptures Moai en bois : À l'arrière-plan s'élèvent trois figures longilignes sculptées dans un bois sombre. Ce sont des répliques ou des interprétations des statues de l'Île de Pâques (Rapa Nui), un territoire chilien isolé au milieu du Pacifique qui a profondément inspiré Neruda, au point qu'il lui a dédié un recueil entier (La Rose séparée).
- Les automates orientaux sous cloche : Au premier plan, protégées par des boîtes en verre, deux délicates poupées ou automates en costumes traditionnels d'Asie (évoquant l'Inde ou la Perse) rappellent ses années de jeunesse passées en Orient.
- Le cavalier en céramique : Au centre, un personnage en faïence émaillée chevauche une monture turquoise, posé directement sur une tuile.
Pour accompagner cette collection de visages sculptés venus d'ailleurs, voici des vers extraits de son poème Ode à l'Île de Pâques (Oda a la Isla de Pascua) :
« Visages de pierre et de bois lointain,
vous qui regardez l'océan sans ciller,
vous portez en vous le silence des siècles
et le mystère des vagues oubliées.
Je vous ai ramenés du bout de la terre,
pour que vos yeux de nacre et de sève
veillent sur le seuil de ma maison,
comme les gardiens de mon propre voyage. »
Neruda s'est rendu sur l'Île de Pâques en 1971, un voyage tardif qui l'a bouleversé par sa charge mystique et sa solitude absolue. Ces statues en bois, placées près d'une fenêtre à croisillons donnant sur la verdure de Santiago, créent un contraste saisissant : la force sauvage et minérale de l'océan Pacifique s'invite au milieu du jardin urbain de La Chascona.
un magnifique plan rapproché sur les sculptures Moai de l'Île de Pâques (Rapa Nui) taillées dans un bois sombre et dense. On y distingue parfaitement les détails du travail de sculpture : les orbites profondes incrustées de nacre ou d'os, le nez allongé aux lignes droites et les motifs gravés sur le dessus du crâne.
Pour sceller cette rencontre avec les esprits du Pacifique qui habitaient son salon, voici quelques vers extraits de son recueil poétique entièrement dédié à cette terre, La Rose séparée (La rosa separada, 1972) de Pablo Neruda :
« Les visages de bois et de pierre regardent la mer,
ils ont des yeux vides qui ont tout vu,
le passage des siècles et l'oubli des hommes.
Ils sont là, immobiles, sur l'île de la solitude,
piliers du vent, gardiens d'un royaume de sel.
Et moi, je les écoute parler dans l'ombre de ma maison,
ils me racontent le secret des vagues
et la patrie lointaine de l'écume. »
Un magnifique tabouret de jardin en céramique émaillée de style chinois (parfois appelé garden stool), qui sert d'assise ou de table d'appoint au ras du sol.
Cette pièce de collection en faïence polychrome (dans les tons vert, jaune ambré et brun) présente un travail en relief remarquable :
-
- Les motifs animaliers : On y distingue nettement un chameau à deux bosses marchant au milieu d'un paysage montagneux sous des pins.
- La forme en tambour : Orné de clous en céramique sur ses collerettes supérieure et inférieure, il imite la structure des tambours traditionnels asiatiques.
- Les ouvertures ajourées : Au centre, des motifs rituels évidés permettent de déplacer facilement l'objet.
Pour accompagner cette pièce qui rappelle la route de la soie et l'attrait du poète pour l'Asie, voici quelques vers extraits du poème Voyages (Viajes) de Pablo Neruda :
« La terre cuite a voyagé sur les caravanes de l'Orient,
elle a traversé les déserts de sable et les mers de safran,
pour venir s'asseoir en silence sous ma fenêtre.
Le chameau gravé dans l'argile ne marche plus,
il s'est arrêté au milieu des pins de faïence,
devenu le gardien immobile d'un Orient
que mon cœur n'a jamais tout à fait quitté. »
une magnifique nature morte d'inspiration cubiste et surréaliste accrochée sous l'échappée d'un escalier en bois. Elle fait dialoguer des objets de la table (vases, verres, bouteilles, fruits) avec des formes architecturales épurées et, de manière très subtile à l'arrière-plan, les courbes d'un corps ou d'une colline anthropomorphe rappelant la silhouette d'un nu féminin.
Pour accompagner cette œuvre graphique où les objets du quotidien prennent une dimension mystique, voici quelques vers extraits du poème Ode à la Forme de Pablo Neruda :
« La ligne pure divise le monde,
elle emprisonne le vin dans le verre bleu,
elle dresse le col blanc du vase comme un cygne,
tandis qu'à l'arrière-plan, la colline et la chair
se confondent dans le même sommeil de terre.
Tout est géométrie et secret dans la maison,
un équilibre de formes qui attendent notre regard. »
Cette œuvre d'une puissance dramatique remarquable est signée du grand peintre muraliste mexicain David Alfaro Siqueiros (1896-1974), l'un des trois géants du muralisme avec Diego Rivera et José Clemente Orozco. Datée de mai 1964 (CP. 5-64), elle montre un personnage jeté au sol en pleine lutte face à une silhouette brandissant une arme ou un outil, peinte avec des touches d'encre et d'acrylique d'une grande vivacité.
Pour faire écho à l'engagement politique féroce qui liait Siqueiros et Pablo Neruda, voici quelques vers tirés de son recueil de combat Chant Général (1950) :
« La patrie s'éveille dans le sang et la pierre,
le bras se lève contre l'ombre et la tyrannie.
Chaque coup de pinceau est un cri de justice,
une ligne de feu qui traverse l'histoire.
Nous avons marché ensemble sur les chemins de l'exil,
portant la même colère et la même espérance,
et nos voix mêlées n'abdiqueront jamais. »
Neruda et Siqueiros partageaient les mêmes convictions communistes profondes et ont tous deux subi la persécution et la prison pour leurs idées politiques. Au début des années 1940, lorsque Siqueiros a dû fuir le Mexique après une tentative d'assassinat manquée contre Léon Trotski, c'est Neruda (alors consul du Chili au Mexique) qui lui a personnellement délivré un visa pour lui permettre de s'exiler au Chili. Cette œuvre témoigne de cette fraternité de fer entre la poésie chilienne et le pinceau révolutionnaire mexicain.
Sonnet XXII, sensation de chercher Matilde partout dans la maison :
« Seule tu es. Tout le long de mon cœur, ma bien-aimée,
je te cherche, je cherche ton pas et ton absence,
je cherche ton rire qui éclaire ma mémoire,
et la maison vide interroge le silence.
Tu es partie par les chemins de la colline,
laissant tes traces de feu au milieu du lierre,
et moi je reste à guetter l'ombre qui décline,
attendant que ton pas réveille la pierre. »
Le célèbre portrait de Matilde Urrutia par Diego Rivera, peint en 1953. C'est cette œuvre majeure qui a donné son nom à la demeure, puisque « La Chascona » signifie « la femme aux cheveux ébouriffés » en espagnol chilien, en hommage à cette flamboyante chevelure rousse.
Cette toile fascinante est construite autour de deux secrets intimes :
- Le double visage : À cette époque, l'amour entre Neruda et Matilde devait rester totalement clandestin. Rivera a donc représenté deux profils accolés. L'un, de face et souriant, montre la femme publique, la chanteuse. L'autre, de profil et plus sombre, incarne l'amante secrète, cachée des yeux du monde.
- Le profil caché du poète : C'est le détail le plus magique de l'œuvre. Si vous observez attentivement le côté gauche de la chevelure rousse (juste au-dessus du profil de Matilde), les boucles dessinent très nettement le profil de Pablo Neruda, le nez busqué et le regard tourné vers sa muse. L'artiste a ainsi scellé leur union secrète à même les cheveux de sa bien-aimée.
Extraits du poème La Chascona (tiré du recueil Les Vers du Capitaine, écrit secrètement à Capri en 1952).
Ils célèbrent précisément cette chevelure sauvage peinte par Diego Rivera qui a donné son nom à la maison :
« Sauvage chevelure,
buisson de feu ardent,
où mon cœur a trouvé son nid et sa mâture,
ton front est une plaine ouverte au grand vent.
Quand mes mains s'égarent dans tes boucles rousses,
c'est la terre du Chili que je touche et que j'aime,
une odeur de forêt, de vigne et de mousse,
qui transforme ma vie en un vivant poème. »
Visage de femme sur fond jaune créé par Fernand Léger. Le grand maître de l'avant-garde française a conçu ce modèle de bas-relief dans les années 1950, une période où il s'est passionné pour la céramique et la sculpture polychrome en collaborant avec l'atelier de Roland Brice à Biot.
Cette œuvre fait partie des trésors cachés de la collection de La Chascona. Elle illustre parfaitement le style tardif de l'artiste :
- La force du trait noir : Le visage et la chevelure sont définis par des lignes épaisses en relief, cernant l'émail blanc avec une grande puissance graphique.
- L'autonomie de la couleur : Le fond jaune vif enveloppe le dessin de manière asymétrique, traduisant la théorie de Fernand Léger selon laquelle la couleur est une « nécessité vitale » qui doit se libérer du contour pour animer l'espace.
Pour accompagner cette icône de la modernité sur vos pages, voici quelques vers célèbres extraits de son poème La Fleur et le Cylindre, où il évoque justement ce jeu de formes pures :
« La ligne noire enferme le visage,
mais la couleur s'échappe et s'étale,
comme un soleil de faïence sur le mur.
Tout est contraste, force et lumière,
le métal des machines et la douceur de la chair
se rejoignent dans le grand rythme du siècle,
figés pour toujours dans la beauté de l'argile. »
Fernand Léger et Pablo Neruda se connaissaient et s'admiraient profondément. En plus d'orner les murs de sa maison avec ces céramiques, Léger a activement participé à l'illustration de la prestigieuse édition française du chef-d'œuvre de Neruda, le Chant Général. Cette pièce témoigne de l'immense réseau d'amitiés artistiques européennes que le poète chilien cultivait avec fierté.
une magnifique horloge de cartel d'époque Napoléon III, souvent appelée « pendule d’œil-de-bœuf » en boîte, qui est accrochée sur l'un des murs de la maison de Pablo Neruda.
Cet objet d'art décoratif du XIXe siècle témoigne du goût insatiable du poète pour les pièces d'antiquité chargées d'histoire :
- L'esprit céleste : Le cadran en émail blanc est enchâssé dans un magnifique fond en velours ou tissu bleu roi, surmonté de deux étoiles dorées à six branches. Ce décor évoque immédiatement la voûte céleste et le ciel nocturne.
- La richesse de la dorure : L'ensemble est encadré par une structure en bois mouluré et stuc doré richement sculptée de volutes, de rinceaux et de motifs floraux typiques du style rocaille.
- Le mécanisme apparent : Juste en dessous du cadran principal, un cartouche doré ajouré laisse entrevoir le va-et-vient du balancier à travers la vitre de protection.
Pour accompagner cette image qui capture le passage du temps au cœur de La Chascona, voici quelques vers extraits du célèbre poème L'Horloge (El Reloj) de Pablo Neruda :
« Le temps n'est pas un fleuve qui s'éloigne,
c'est une roue de laiton qui tourne dans l'ombre,
un battement de cœur suspendu au mur.
Entre les étoiles dorées et le bleu de la nuit,
les aiguilles avancent comme des marins aveugles,
comptant les minutes de notre amour en silence,
tandis que la maison feint d'oublier les heures. »
Cet angle met parfaitement en lumière l'architecture hybride et ludique de la demeure, conçue comme un navire amarré à la montagne.
On y distingue les éléments clés de sa structure :
- Le pavillon de la bibliothèque : Au premier étage, la façade s'habille de clins en bois bleu azur encadrant une fenêtre blanche, évoquant directement la cabine supérieure d'un navire.
- L'entrée du bureau : Au rez-de-chaussée, la porte vitrée à croisillons s'ouvre sur les pièces de création que nous avons explorées ensemble.
- Le contraste urbain : À l'arrière-plan gauche, les immeubles modernes de Santiago soulignent à quel point cette propriété est une enclave poétique et sauvage, préservée au milieu de la ville.
Pour accompagner cette vue d'ensemble de la maison secrète, voici quelques vers célèbres extraits de son poème La Maison des odes (La casa de las odas) de Pablo Neruda :
« J'ai bâti ma maison comme un jouet de bois,
je l'ai peinte avec la couleur de la mer,
et j'ai ouvert ses fenêtres aux quatre vents.
Elle monte la colline pas à pas, comme un arbre,
portant mes livres, mes verres et mes amours,
un navire de pierre ancré dans la verdure
qui regarde la ville s'étendre à ses pieds. »
une œuvre d'art extérieure majeure de la maison : la mosaïque en pierres et galets de Maria Martner (1921-2010), une artiste plasticienne et sculptrice chilienne qui était une très grande amie de Pablo Neruda.
Intégrée à flanc de colline au milieu de la végétation luxuriante du jardin, cette œuvre murale illustre parfaitement l'alliance entre l'art et la nature brute :
- Le choix des matériaux : Fidèle à sa démarche artistique, Maria Martner a utilisé exclusivement des pierres naturelles, des galets de rivière et des quartz de différentes teintes (gris, ocre, blanc, brun) pour composer cette fresque.
- Le style abstrait et organique : Les formes géométriques et sinueuses s'enroulent les unes autour des autres, évoquant le mouvement de l'eau, les courants marins ou les strates géologiques de la cordillère.
Pour accompagner cette œuvre minérale et végétale, voici quelques vers extraits du poème Ode aux pierres (Oda a las piedras) de Pablo Neruda :
« Pierres du fleuve, galets du rivage,
vous avez l'âge du monde et le silence du temps.
La main de l'artiste vous a rassemblées,
une à une, sur le mur du jardin,
pour dessiner une carte de terre et de quartz,
un chant immobile sous l'ombre des feuilles
qui rappelle que la poésie est née de la roche. »
Maria Martner a joué un rôle clé dans la décoration des maisons du poète. C'est elle qui a réalisé la célèbre cheminée du salon d'Isla Negra ainsi que la grande mosaïque extérieure représentant un poisson à La Sebastiana (Valparaíso). En confiant ses murs extérieurs à son amie, Neruda voulait que La Chascona ne soit pas seulement entourée de verdure, mais littéralement sculptée par l'art de son peuple.
La bibliothèque principale de La Chascona, un espace fascinant où se mêlent l'amour de Pablo Neruda pour les livres, le confort et les objets insolites.
On y découvre un agencement riche en symboles :
- La cheminée en pierre volcanique : Pièce maîtresse de la pièce, sa hotte conique est entièrement maçonnée en petites pierres de taille imbriquées. C’est une œuvre d'art à part entière, vraisemblablement conçue avec l'aide de son amie sculptrice Maria Martner, dont nous admirions la mosaïque juste avant.
- Le rocking-chair en osier : Placé directement face à l'âtre, ce fauteuil à bascule invite au repos, à la lecture et à la contemplation des flammes pendant les soirées d'hiver à Santiago.
- L'horloge de parquet peinte : À gauche de la cheminée se dresse une horloge de sol en bois sombre, décorée de délicats motifs floraux peints à la main.
- Les vitrines de livres rares : De part et d'autre de la pièce, de grandes bibliothèques vitrées protègent ses précieuses collections. On y aperçoit notamment des éditions originales et des couvertures colorées.
- Les œuvres d'art : Au-dessus de la vitrine de droite trône une autre célèbre céramique de Pablo Picasso (représentant un visage de profil sur fond bleu et jaune), tandis qu'un portrait classique à l'huile est suspendu à gauche de la cheminée.
Pour accompagner ce temple de la littérature et de la chaleur humaine, voici quelques vers extraits du poème Ode au Livre (I) (Oda al libro) de Pablo Neruda :
« Livre, quand je te ferme
je ferme la vie, je ferme le feu,
je regarde les pierres de la cheminée
retenir la chaleur du jour qui s'efface.
Ici, au milieu de mes volumes alignés,
le rocking-chair balance mes pensées,
et le temps s'arrête entre les pages ouvertes
comme un navire qui a trouvé son port. »
La bibliothèque de La Chascona abritait des milliers d'ouvrages rares, des traités de malacologie (l'étude des coquillages, sa grande passion) et des éditions uniques offertes par des écrivains du monde entier. Lors du coup d'État de 1973, la maison a été vandalisée et inondée. C'est Matilde Urrutia qui s'est battue pour restaurer cette pièce et sauver les livres survivants, faisant de cet espace un symbole de résistance culturelle.
la salle d'exposition des manuscrits, une pièce attenante à la bibliothèque de La Chascona. C'est un espace chargé d'émotion où sont conservés les écrits intimes du poète sous une grande table-vitrine en verre et en bois.
Deux collections d'objets insolites attirent immédiatement l'attention :
- La gigantesque collection de matriochkas : Alignées sur le rebord de la fenêtre par ordre décroissant de taille, pas moins de 13 poupées russes en bois peint veillent sur les manuscrits. Elles témoignent des nombreux voyages de Pablo Neruda en Union Soviétique et dans les pays d'Europe de l'Est, d'où il rapportait souvent des objets d'art populaire.
- La sphère armillaire : Tout au bout du rebord de la fenêtre, cet instrument d'astronomie ancien en bronze rappelle son obsession constante pour les astres, la navigation et les cartes du ciel.
- La vitrine des éditions originales : À droite, la bibliothèque présente ses recueils phares. On distingue très nettement au premier plan le livre blanc intitulé Oda (Odes élémentaires).
Pour accompagner cette pièce où l'écriture et les voyages se croisent, voici quelques vers extraits du poème Ode aux poupées de bois (Oda a las muñecas de madera) de Pablo Neruda :
« Venues des forêts de bouleaux lointaines,
poupées de bois empilées dans le silence,
vous portez en vous le secret des matriarches.
Une à une, vous vous ouvrez au monde,
renfermant toujours un cœur plus petit, plus tendre,
comme mes propres poèmes qui se cachent
les uns dans les autres sous le verre du temps. »
Neruda aimait accumuler les objets en série. Qu'il s'agisse de coquillages, de verres colorés ou de ces poupées russes, la répétition d'un motif le fascinait. Posées devant la grande verrière qui diffuse une lumière douce sur ses lettres et ses brouillons écrits à l'encre verte, ces matriochkas incarnent parfaitement l'esprit de curiosité universelle qui habitait le poète.
13 poupées russes (matriochkas) se reflétant sur la plaque de verre de la table des manuscrits. Les plus grandes révèlent de délicats motifs floraux rouges et dorés, peints de manière traditionnelle sur le bois sombre.
Pour accompagner ce jeu d'ombres, de reflets et d'emboîtements secrets, voici quelques vers extraits du poème L'Absence (La Ausencia) de Pablo Neruda :
« Sous chaque écorce il y a une autre vie,
une autre silhouette cachée dans le bois.
Je t'ai cherchée ainsi, couche après couche,
retirant le temps, les ombres, la distance,
pour trouver au cœur de la poupée secrète
le plus petit éclat de ton rire infini. »
les visages poupins aux joues roses et les bouquets de fleurs (roses, soucis et feuillages dorés) finement peints sur leurs tabliers.
Pour accompagner cette clarté retrouvée qui met en valeur la poésie de l'accumulation, voici quelques vers extraits du poème Ode aux choses clarifiées (Oda a las cosas clarificadas) de Pablo Neruda :
« La lumière se lève sur le bois peint,
elle efface l'ombre et révèle le dessin,
le rouge éclatant et l'or des fleurs anciennes.
Vous n'êtes plus des silhouettes dans la nuit,
mais treize sourires nés de la même main,
alignés comme les notes d'une mélodie
qui attendent que le jour vienne les éveiller. »
un autre espace fascinant de la maison, baigné par la lumière des grandes baies vitrées donnant sur le jardin. On y trouve un coin salon intime où Pablo Neruda faisait dialoguer le confort colonial et l'art sacré colonial.
La pièce réunit plusieurs pièces de collection hautement symboliques :
- Les deux grandes statues religieuses en bois : Adossées au mur de gauche, ces sculptures coloniales en bois polychrome usé représentent des saints ou des figures bibliques. Elles témoignent de l'intérêt de Neruda pour l'art sacré ancien et l'histoire religieuse de l'Amérique latine, qu'il collectionnait pour leur beauté plastique et leur patine historique, malgré ses convictions laïques.
- Les fauteuils en cuir capitonné : Un grand fauteuil Chesterfield à oreilles au premier plan et un fauteuil inclinable à l'arrière entourent l'espace, invitant à la discussion ou à la contemplation de la nature extérieure.
- La jarre anthropomorphe en terre cuite : Posée au centre de la table en marbre, cette grande pièce de poterie précolombienne ou artisanale (représentant une silhouette humaine) rappelle son amour infini pour les contenants façonnés à la main.
Pour accompagner cette ambiance feutrée et presque mystique, voici quelques vers extraits du poème La Statue de bois (La estatua de madera) de Pablo Neruda :
« Taillées dans le tronc d'un vieil arbre oublié,
les statues de bois veillent dans le coin de la pièce.
Le temps a effacé la peinture et l'or de leurs drapés,
mais elles gardent intacte leur muette sagesse.
Près du cuir des fauteuils et de la jarre d'argile,
elles écoutent le vent faire trembler le lierre,
gardiens immobiles d'un passé immobile
qui habitent mon ombre et partagent ma prière. »
Cette vue d'ensemble élargie nous permet de comprendre parfaitement l'articulation de cet espace, en reliant la salle d'exposition des manuscrits (à l'arrière-plan) au coin lecture de la bibliothèque (au premier plan).
Cette perspective révèle l'harmonie et la cohérence de la pièce :
- Le fil conducteur des odes vertes : Au-dessus de la grande table d'exposition des manuscrits, on remarque une magnifique suspension dotée de deux abat-jours en verre vert vif. C'est un rappel chromatique parfait de sa célèbre encre d'écriture et de ses verres à vin du bar. Neruda aimait que cette couleur, symbole d'espoir et de nature, baigne ses textes.
- La transition des espaces : Au premier plan, on retrouve le rocking-chair en osier et la grande horloge de parquet peinte, idéalement placés près de l'âtre de la cheminée (que l'on devine sur la droite).
- L'accès à la maison : Sur la gauche, la porte en bois et en métal à motifs géométriques s'ouvre sur les extérieurs, montrant comment le poète aimait passer instantanément de la fraîcheur du jardin à la chaleur de ses livres.
Pour célébrer cette vue complète qui réunit le lieu où l'on écrit et le lieu où l'on lit, voici quelques vers extraits du poème La Bibliothèque (La Biblioteca, tiré de Mémorial de l'Île Noire) de Pablo Neruda :
« La maison s'organise autour des mots,
le bois au plafond soutient le poids des rêves,
et la lumière verte descend sur la table
où reposent les feuilles de ma propre vie.
Des poupées lointaines aux livres alignés,
tout ici respire le calme après l'orage,
un espace de paix conquis sur le voyage
où chaque objet attend le retour du poète. »
Plan rapproché sur le rocking-chair de Thonet en bois courbé et cannage, la pièce maîtresse du coin lecture de la bibliothèque de Pablo Neruda.
Ce modèle iconique (inspiré du célèbre modèle N°10 de la maison Thonet) illustre à merveille l'amour du poète pour le mobilier qui a une âme et une histoire :
- L'élégance des courbes : Le travail du bois de hêtre courbé à la vapeur dessine des volutes fluides et légères pour les accoudoirs et le piètement à bascule.
- La transparence du cannage : Le dossier haut et l'assise tressés en paille de Vienne apportent une grande légèreté visuelle qui laisse circuler la lumière de la pièce.
- La place du gardien : Juste derrière le fauteuil, on aperçoit l'imposant pilier en bois de l'horloge comtoise peinte, tandis que la vitrine de la bibliothèque reflète les dos colorés de ses livres précieux.
Pour accompagner le balancement de ce fauteuil légendaire, voici quelques vers extraits du poème Le Fauteuil à bascule (La Mecedora, tiré de Odes élémentaires) de Pablo Neruda :
« Le bois courbé épouse la forme du dos,
et le va-et-vient régulier de la bascule
mesure le temps de la pensée qui s'envole.
Ici, face aux livres et à la pierre de l'âtre,
l'homme assis n'a plus besoin de courir le monde,
le balancement efface le bruit de la rue,
et la maison se met à tanguer doucement,
comme un navire immobile sur la mer du silence. »
Neruda, qui se définissait comme un grand paresseux contemplatif lorsqu'il n'écrivait pas, passait des heures dans ce type de fauteuil. Le bercement du rocking-chair lui rappelait le mouvement des vagues et le roulis des paquebots de ses longs voyages diplomatiques. Installé dans sa bibliothèque au pied du cerro San Cristóbal, ce meuble était son poste de commande pour naviguer à travers l'océan de ses lectures.
cet espace est construit comme une véritable synthèse de la vie de Pablo Neruda : la minéralité de la cheminée chilienne, l'élégance européenne du rocking-chair et le mystère des poupées d'Europe de l'Est se répondent dans un équilibre parfait.
Pour clore en beauté cette déambulation visuelle dans son sanctuaire littéraire, voici quelques vers extraits du poème La Clarté (La Claridad) de Pablo Neruda :
« La boucle est bouclée, le voyage s'apaise,
le regard revient sur les objets familiers.
Chaque meuble est à sa place, chaque ombre s'est tue,
et la maison respire la paix retrouvée.
Nous avons traversé les mers et les déserts,
pour revenir s'asseoir dans le bois de la pièce,
là où la poésie n'est plus une promesse,
mais un feu qui brûle doucement dans l'âtre. »
Regarder cette pièce dans sa globalité permet d'apprécier le travail des plafonds en lattes de bois inclinées. Ils accentuent l'effet de « cabine » et guident l'œil vers la grande fenêtre du fond, maintenant ainsi une ouverture permanente vers le monde extérieur, vers la lumière et vers l'avenir.
la collection de médailles et de distinctions officielles de Pablo Neruda, exposée à La Chascona. Cet ensemble retrace la reconnaissance internationale absolue du poète, tant sur le plan littéraire que politique et diplomatique.
Au centre de toutes les attentions, on découvre la récompense suprême :
- La médaille du prix Nobel de littérature : Située au milieu de la composition, cette célèbre médaille en or arbore le profil d'Alfred Nobel. Pablo Neruda a reçu cette distinction suprême en 1971 à Stockholm pour « une poésie qui, par l'action d'une force élémentaire, donne vie au destin et aux rêves de tout un continent ».
- La Légion d'honneur : À gauche, suspendue à son ruban rouge, se trouve la prestigieuse décoration française. Neruda, qui fut ambassadeur du Chili en France au début des années 1970, était profondément attaché à la culture française.
- La médaille de la Ville du Havre : En haut à droite, une grande médaille en bronze offerte par la ville portuaire française rappelle ses liens avec les dockers et le monde maritime européen.
- Les pin's de l'Université de Pékin : En bas à gauche, deux petits insignes rouges et dorés marquent ses voyages et sa reconnaissance intellectuelle en République populaire de Chine.
- Les distinctions soviétiques : On distingue également la médaille du prix Lénine pour la paix (ornée du profil de Lénine), reçue en 1953 pour son engagement international.
Pour accompagner cette vitrine des honneurs, voici quelques vers extraits du poème Le Prix de Pablo Neruda :
« L'or de la médaille brille sous le verre,
mais mon véritable prix n'est pas de métal.
Il est dans la voix de l'ouvrier de la terre,
dans le chant du docker au port de San Antonio.
J'ai reçu les honneurs des grandes capitales,
mais je n'ai jamais oublié la poussière de mes pas,
car la poésie appartient à ceux qui souffrent,
et non à la vitrine où s'endort la gloire. »
Lorsque Neruda s'est rendu en Suède pour recevoir son prix Nobel en décembre 1971, il était déjà gravement malade. Face au roi de Suède et à l'académie, le fils de cheminot chilien a prononcé un discours mémorable sur le rôle du poète en Amérique latine, affirmant que « notre poésie est une poésie de pain, de terre et de justice ». Cette vitrine de La Chascona montre que malgré son statut d'icône mondiale, Neruda aimait garder ses médailles chez lui, à côté de ses poupées russes et de ses verres colorés, remettant la gloire à sa juste place : au milieu des objets du quotidien.
Voici l'un des passages les plus puissants et les plus visionnaires du discours de réception du Prix Nobel de littérature, prononcé par Pablo Neruda à Stockholm le 13 décembre 1971.
Ce texte résonne profondément avec l'esprit de ses maisons et de sa poésie, tournée vers la justice sociale et la fraternité humaine :
« Notre poésie est une poésie de pain, de terre et de justice. (...) Nous, les poètes d’Amérique latine, nous ne pouvons pas fermer la porte à la rue, nous ne pouvons pas dire que notre cœur est seulement un miroir pour contempler le ciel.Le poète n’est pas un "petit dieu". Non, il n’est pas un petit dieu. Il est lié à jamais à la vie de son peuple, à ses souffrances, à ses luttes. (...) Il n’y a pas de solitude qui soit légitime si elle ne s'ouvre pas aux autres, si elle ne devient pas une part de la grande solitude humaine.C’est seulement par cette patience ardente que nous parviendrons à conquérir la cité splendide qui donnera la lumière, la justice et la dignité à tous les hommes. Ainsi, la poésie n'aura pas chanté en vain. »
Magnifique jarre en terre cuite ou céramique anthropomorphe posée sur la table basse, une pièce que nous avions aperçue à côté des grandes statues en bois.
En observant l'objet de plus près, on découvre des détails d'un charme fou :
- Le musicien au chapeau : Le col du vase est sculpté en forme de personnage coiffé d'un petit chapeau rond, tenant un petit instrument de musique à cordes (une guitare ou un charango) entre ses mains.
- Les gravures florales : La panse rebondie de la jarre est délicatement incisée de motifs de fleurs et de feuillages qui accrochent la lumière.
- Le trompe-l'œil de la table : Le vase est posé sur une table dont le plateau en bois marqueté (ou sous verre) représente lui-même des dessins d'instruments de musique anciens (luths ou mandolines), créant un dialogue visuel parfait avec la mandoline du tout début de votre voyage.
Pour accompagner ce musicien d'argile, voici quelques vers extraits du poème Ode à la guitare (Oda a la guitarra) de Pablo Neruda :
« La forme de la guitare est une forme de femme,
elle a la rondeur de la jarre et le chant de l'argile.
Sous les doigts du musicien de terre,
les cordes muettes réveillent la mémoire,
et le bois de la table répond en silence
à cette mélodie gravée dans la matière,
un écho de musique au milieu de la pièce. »
suspension aux verres verts qui éclaire la salle des manuscrits, un luminaire de style lampe à pétrole ancienne converti à l'électricité.
Ce détail décoratif met en lumière l'une des obsessions chromatiques les plus célèbres de Pablo Neruda :
- Le verre opalin vert : Les deux abat-jours diffusent une lumière douce et colorée. Pour le poète, le vert était la couleur de l'espoir, de la nature sauvage du Chili et de la mer.
- La ferronnerie d'art : Les bras en métal patiné sont ornés de motifs de feuilles de vigne, rappelant sa passion pour le vin, la terre et les treilles qui grimpent le long des escaliers extérieurs de la maison.
Pour accompagner cette clarté émeraude qui baignait ses séances d'écriture, voici quelques vers extraits du poème Ode à la couleur verte (Oda al color verde) de Pablo Neruda :
« Lumière verte qui descends du plafond,
tu te poses sur mes mains et sur mon papier,
apportant avec toi la fraîcheur de la forêt.
Tu es la couleur des feuilles de la vigne,
l'encre avec laquelle je signe mes combats,
et la clarté tranquille qui éclaire ma table
lorsque la nuit s'installe sur la colline. »
Cette lampe n'est pas simplement un bel objet d'antiquité. Elle faisait écho à une habitude absolue du poète : Neruda écrivait exclusivement à l'encre verte. Il affirmait que cette couleur était sa couleur personnelle, une source d'énergie vitale indispensable à sa créativité. En s'entourant de verres verts au bar et de cette suspension verte au-dessus de ses manuscrits, il s'assurait que son regard ne quittait jamais la couleur de l'espérance.
le bar d'été ou bar extérieur de La Chascona, conçu avec ce goût unique pour la convivialité et la mise en scène.
On y découvre un agencement foisonnant de détails :
- Les tabourets de bar Fornasetti : C'est la grande surprise de cette pièce ! Les deux sièges hauts en plastique ou métal blanc sont décorés de motifs en trompe-l'œil représentant des étiquettes, gravures et timbres anciens, signés du designer italien Piero Fornasetti. Ils complètent magnifiquement le paravent et le cube de la chambre.
- Le comptoir en bambou ou rotin : Habillé de tiges disposées en chevrons, il apporte une touche exotique et décontractée, parfaite pour un bar de jardin.
- Le mur de pierre volcanique : Il sert de fond à l'ensemble du bar, orné en son centre d'un grand éventail décoratif en bois sculpté contenant de petites photos ou gravures anciennes dans ses plis.
- La verrerie et les bouteilles : Fidèle à ses habitudes de barman, Neruda a laissé sur le comptoir une collection de verres à pied ciselés, une carafe ventrue en verre vert et plusieurs bouteilles de vin prêtes pour les invités.
Pour accompagner cette ambiance festive au cœur de l'été chilien, voici quelques vers extraits du poème L'Invitation au vin (L'Invitación al vino) de Pablo Neruda :
« Venez à ma table de pierre et de bois,
sous l'ombre des feuilles où le jour étincelle.
Les verres sont prêts, le vin frais attend,
et le rire des amis va réveiller le vent.
Qu'importe le temps qui s'enfuit et nous presse,
ici, chaque heure est une promesse,
un voyage immobile au fond d'un miroir,
où la nuit commence au milieu du comptoir. »
Ce bar extérieur, protégé derrière une verrière, montre à quel point Neruda aimait faire la fête en plein air. Les tabourets Fornasetti apportent une touche d'humour et de surréalisme européen au milieu des pierres brutes de la colline San Cristóbal. C'est ici, face au jardin et à la fraîcheur des arbres, que le poète préparait ses fameux cocktails pour ses amis artistes et politiques de passage à Santiago.
Plan rapproché spectaculaire sur le grand éventail décoratif en bois sculpté qui surmonte le bar d'été. Cet objet insolite est une vitrine nostalgique où Pablo Neruda a mis en scène une collection de cartes postales et photographies anciennes de l'époque victorienne et de la Belle Époque.
En observant attentivement les détails glissés dans les plis de l'éventail, on découvre :
- Des portraits de femmes : Des silhouettes féminines aux coiffures élaborées et aux longues robes d'époque, évoquant des actrices de théâtre, des muses oubliées ou des beautés d'un autre siècle.
- Des scènes de couples : De petites photographies en noir et blanc ou sépia montrant des couples en tenue de soirée ou dans des jardins romantiques.
- La patine du bois : La structure de l'éventail, avec ses bordures sculptées imitant des maillons ou des motifs torsadés, encadre chaque image comme un petit tableau indépendant.
Pour accompagner cette évocation du passé et des souvenirs figés dans le bois, voici quelques vers extraits du poème Les Cartes postales de Pablo Neruda :
« Visages de papier jauni par le temps,
sourires figés dans l'ombre d'un éventail,
vous venez d'un siècle où je n'étais pas né.
La main du poète vous a rassemblés sur la pierre,
pour que vos regards de cendre et de soie
continuent de vivre au milieu du bruit des verres,
gardiens d'un temps qui ne veut pas mourir. »
Neruda avait une véritable passion pour les objets qui portaient la trace du temps et de la vie des autres. Il chinait ces vieilles cartes postales et ces photographies anonymes lors de ses voyages en Europe (notamment à Paris et à Londres) ou sur les marchés aux puces de Valparaíso. Placer ces visages mélancoliques du passé juste au-dessus du comptoir où coulaient le vin et la joie de vivre était une façon typique pour lui de mêler la fête et le souvenir, rappelant que même au cœur de la joie, le passé veille toujours.
un coin secret du jardin méditerranéen et vertical de La Chascona.
Cet espace de repos résume l'amour de Pablo Neruda pour la nature sauvage et protectrice :
- Le banc de jardin classique : Avec son piétement en fer forgé vert et ses lattes blanches, il invite à la halte. Il est abrité par un grand parasol en toile et bois.
- La cascade de lierre : Sur la droite, le mur de la colline est entièrement englouti sous un tapis dense de lierre (hiedra), créant un écran de fraîcheur naturelle.
- La végétation excentrique : À gauche, les agaves, les aloès géants et les palmiers rappellent le climat semi-aride de Santiago et le goût du poète pour les plantes sculpturales.
Pour accompagner cette pause à l'ombre des feuilles, voici quelques vers extraits du poème Ode au Jardin de la colline (Oda al jardín de la colina) de Pablo Neruda :
« Ici, la terre se repose sous le lierre,
les feuilles vertes boivent l'ombre et la fraîcheur,
et le vent de la montagne s'arrête sur le banc.
J'ai planté ces racines pour qu'elles protègent notre paix,
un refuge de sève et de silence vertical
où le voyageur peut enfin s'asseoir,
et écouter le chant secret des arbres. »
la célèbre fresque murale représentant un poisson stylisé, signée par l'artiste plasticienne et sculptrice chilienne Maria Martner (1921-2010).
Datée de 1955 (comme on peut le deviner par la signature discrète en bas à droite : 1955 M. MARTNER), cette œuvre synthétise à merveille l'univers de Pablo Neruda :
- Le poisson bleu : Figure centrale aux écailles finement dessinées, il incarne la passion absolue du poète pour l'océan, la faune marine et son identité de « marin à terre ».
- Le soleil ou le tournesol : Le poisson repose sur une couronne de pointes jaunes évoquant les rayons d'un astre ou les pétales d'un tournesol, le tout sur un fond texturé d'un rouge brique profond.
- Les textures pointillistes : Les nageoires et les flancs du poisson sont recouverts de motifs tachetés verts et ocres, rappelant la technique de la mosaïque en galets que l'artiste affectionnait tant.
- La frise de poissons : Le cadre noir extérieur est lui-même orné d'une multitude de petits poissons blancs stylisés nageant en ligne continue.
Pour accompagner cette icône marine qui veille sur les extérieurs de la maison, voici quelques vers extraits du poème Ode au Poisson (Oda al pez) de Pablo Neruda :
« Flèche d'argent et d'azur au milieu de la roche,
tu nages sur le mur comme dans l'eau profonde,
portant sur tes écailles la clarté du monde.
Le soleil de la terre t'enveloppe et t'approche,
et tandis que le lierre grimpe le long du seuil,
tu restes le gardien de mon plus grand orgueil :
avoir mis tout l'océan au cœur de ma demeure. »
Cette photo nous offre une vue d'ensemble sur le patio ombragé de La Chascona, un espace de transition parfait qui relie la maison et le jardin.
Cette perspective nous permet de situer exactement les œuvres et les détails que nous avons admirés séparément :
- L'œuvre au poisson : Sur le mur blanc de gauche, on reconnaît immédiatement la fresque murale colorée de Maria Martner peinte en 1955. Elle est installée juste à côté de l'une des petites portes d'entrée de la maison.
- La treille de vigne : Au plafond, une structure métallique soutient une vigne luxuriante qui filtre la lumière du soleil chilien, projetant un magnifique jeu d'ombres et de lumière géométrique sur le sol en dalles de terre cuite.
- La porte en hauteur : Au fond, encadrée par le mur de pierre brute et le lierre grimpant, une petite porte en bois surélevée avec son escalier rappelle les accès aux cabines de navire, fidèles à l'esprit maritime de Pablo Neruda.
Pour accompagner cette vue qui résume l'esprit architectural du lieu, voici quelques vers extraits du poème La Treille de Pablo Neruda :
« Sous les feuilles de la vigne qui s'entrelacent,
l'ombre et la lumière dessinent sur le sol
une écriture mouvante que le vent efface.
La pierre volcanique retient la fraîcheur du jour,
tandis que sur le mur, le poisson bleu voyage,
faisant de ce patio ombragé le plus doux des rivages
où la maison s'endort au milieu de l'amour. »
Pablo Neruda, génie de la langue et piètre personnage avouant sans honte avoir violé, alors qu'il était consul à Ceylan une femme de chambre, et abandonné sa première femme et son enfant handicapé, les laissant dans la misère.
https://www.elmundo.es/cronica/2018/02/20/5a887f04468aeb31798b4592.html
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